Commerce équitable

Qu’est-ce que le commerce équitable ?

Le réseau FINE qui regroupe tous les acteurs du commerce équitable dans le monde a donné une définition du commerce équitable:

« Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. […]»

En pratique, le commerce équitable veille à respecter plusieurs critères définit par l’organisation FLO (Fairtrade Labellling Organisation – Organisaion de labellisation du commerce équitable):

Le prix juste :

les producteurs sont payés au ‘prix juste’, cela signifie qu’il permet au producteur de répondre à ses besoins fondamentaux: se nourrir, se loger, s’habiller, avoir accès à l’éducation et accès à la santé.

Ce prix est fixé en accord avec les producteurs – il doit bien sûr être supérieur à son coût de production. Les producteurs qui le demandent peuvent aussi bénéficier de paiement anticipé, ce qui évite l’endettement (achat de matières premières…).

En plus de ce prix, les producteurs reçoivent une ‘prime de développement’, il s’agit d’une somme d’argent qui doit servir à l’élaboration d’un projet bénéficiant à toute la communauté (et pas seulement à l’organisation de producteurs). En général, elle sert à la construction d’une école, d’un dispensaire…

En ce qui concerne le prix des matières premières (café, thé, cacao…) le prix traditionnel est fixé à la Bourse, dans le commerce équitable, il existe le ‘prix plancher’ c’est-à-dire que notre prix ne descend pas au-dessous d’un certain seuil car nous savons que dans ce cas là le producteur n’est pas capable de subvenir à ses besoins et donc de vivre dignement.

Comparaison café traditionnel et café équitable

Comparaison café traditionnel et café équitable

La filière intégrée :

Artisans du Monde a choisi de travailler en ‘filière intégrée’, cela signifie que tous les acteurs (sauf le transport) de la chaîne sont intégrés au commerce équitable : producteurs, exportateur, importation, distributeur…et consom’acteur ! Le circuit du commerce équitable est fait d’intermédiaires indispensables, si ces intermédiaires n’étaient pas là, nous n’aurions pas notre café dans notre tasse le matin ! Nous nous efforçons à avoir un circuit d’achat le plus direct possible.

Une relation durable :

Autre aspect du commerce équitable, nous travaillons avec nos partenaires producteurs dans la durée. Cela permet d’avoir un véritable impact sur le long terme, en effet, tant que les critères du commerce équitable sont respectés, c’est dans la durée que nous nous engageons. Cette relation permet d’offrir une stabilité financière indispensable au développement des groupes de producteurs et aux investissements.

Respect des droits humains :

Le commerce équitable vise à améliorer les conditions de travail des producteurs. Les critères établis par FLO-Cert s’appuient sur les recommandations des de l’OIT – organisation internationale du travail.

Handicapés, intouchables, femmes, de nombreuses personnes n’ont pas ou rarement accès à des activités professionnelles et donc à un revenu. La rareté du travail et son incompatibilité avec leur situation ou leur qualification entraînent des situations de pauvreté voire d’extrême pauvreté et d’exclusion sociale dans les familles les plus démunies (ménages monoparentaux, veuves…)

Un des changements fondamentaux que permet le commerce équitable est de fournir à ces personnes un métier, une activité rémunérée et compatible avec leur situation : travail à la tâche à domicile permettant de concilier activité productive et activité domestique par exemple.

Exercer une activité, produire pour l’exportation, gérer un revenu, contribuer au revenu familial, se retrouver dans des organisations permet à ces personnes en situation d’exclusion de se réinsérer et de recouvrer leur dignité.

Au Bengladesh des femmes changent de statut

Les femmes du Panjora Mahila Shomitee qui produisent des objets en jute ont expliqué l’impact de ce revenu sur leur relation avec leur mari ‘avant on demandait même 2 takas (0,04€) aux hommes, maintenant il arrive qu’ils nous demandent de l’argent », sur leur capacité à agir ‘ les femmes sortent elles-mêmes pour acheter leurs saris’ et sur leur statut ‘le divorce unilatéral par répudiation ne se fait plus dans le village’.

Respect de l’environnement

Nous avons fait le choix de travailler avec des producteurs ancrés dans un certain modèle de développement : une économie ‘familiale’, sociale et solidaire, une agriculture paysanne. Ces producteurs visent à maintenir la biodiversité de leurs terres, ils privilégient la culture et la préservation de variétés natives adaptées au terrain, des pratiques agricoles demandant moins d’intrants. Ils sont conscients des risques sanitaires liés aux produits chimiques. Les critères du commerce équitable tendent vers des pratiques biologiques en limitant autant que possible l’usage de produits chimiques et en interdisant un certain nombre, ainsi que les OGM.

Près de 50% des produits alimentaires Artisans du Monde sont labellisés AB. Plusieurs ne sont pas certifiés (coût) mais répondent aux critères biologiques

Engagements au sud comme au nord.

Les critères de la relation commerciale équitable ne s’appliquent pas uniquement au Sud mais concernent également le Nord. Ainsi, la Fédération Artisans du Monde demande une auto-évaluation annuelle de chaque association membre, mettant en regard sa pratique avec les principes édictés.

Au Nord :

  • acheter à un prix qui permette une juste rémunération des producteurs,
  • payer comptant et limiter autant que possible les intermédiaires,
  • établir une collaboration,
  • respecter l’originalité et l’identité culturelle des produits,
  • être transparent,
  • dénoncer les inégalités du commerce mondial.

Au Sud

  • Associer les producteurs aux prises de décisions,
  • assurer aux producteurs des rémunérations et des conditions de travail décentes, et un revenu aussi régulier que possible,
  • respecter et promouvoir leur identité culturelle,
  • agir pour le développement de la communauté,
  • rechercher des débouchés sur les marchés locaux afin de ne pas devenir dépendants des marchés extérieurs.