« Le business du commerce équitable »

"Le business du commerce équitable"

« Le business du commerce équitable »

Le documentaire très instructif « Le business du commerce équitable » de Donatien Lemaître a été diffusé sur Arte mardi 6 août 22h25.
Le business de l’éthique, qui prétend réconcilier le porte-monnaie et la morale, brasse des milliards d’euros. Du Mexique au Kenya, Donatien Lemaître a décortiqué toute la filière. Il montre comment l’idée généreuse du commerce équitable est de plus en plus récupérée par des as du marketing ou des multinationales en quête de virginité.

Pendant une semaine, vous pouvez le voir ou le revoir sur Arte+7 :

http://www.arte.tv/guide/fr/047127-000/le-business-du-commerce-equitable?autoplay=1

9 Responses to « Le business du commerce équitable »

  1. Le commerce equitable, c’est avant tout la continuation logique du colonialisme : moi grand blanc vais aider toi petit noir… Tout en enrichissant quelques blancs. Rien de bien différent chez artisans du monde, qui en plus concurrence des artisans du nord en employant des bénévoles retraités ! La boucle de l’hypocrisie est bouclée.

    • Bonjour,

      Nous sommes bénévoles retraités ou en activité ou étudiants ou en congé maternité (etc) et avons tous en commun cette volonté de nous impliquer dans ces actions bénévoles, fiers de donner de notre temps.
      Le commerce équitable n’est pas la panacée, tout comme les Resto du Coeur, on aimerait ne pas en avoir besoin. Mais les conditions commerciales à travers le Monde sont loin d’être justes et équitables, et tenter de rééquilibrer un peu les choses et de garantir des prix minimaux n’est qu’une avancée. Je vous invite à vous joindre à nous la prochaine fois que des producteurs seront invités, vous pourrez alors leur poser vos questions et mesurer l’intérêt du commerce équitable qu’ADM réalise.
      De quelle concurrence parlez vous ? Les cafés d’ADM ne font d’ombre à aucun producteur, et leur torréfaction s’effectue chez un des derniers torréfacteurs familiaux au Havre….
      Lorraine D., bénévole ADM Rouen, co-webmaster

  2. Bonjour Michel,
    Tout comme Lorraine,nous tenons à porter à votre connaissance quelques informations qui ont dû vous échapper malgré l’intérêt que vous portez à notre mouvement.
    L’objectif principal d’ADM est de changer les règles du commerce international en mettant les producteurs au centre des échanges et non notre enrichissement, ceci au Nord comme au Sud.
    Certes,cet objectif est loin d’être atteint mais nous y travaillons avec de nombreux bénévoles et quelques salariés.
    Si les retraités sont nombreux dans notre mouvement, c’est avant tout parce que l’objectif d’une plus grande justice les motive et qu’ils disposent de temps. C’est aussi pour eux l’opportunité de garder un contact intergénérationnel avec la réalité qui est stimulant.
    N’hésitez pas à nous rencontrer pour mieux juger!.
    Lydie et Christiane, coprésidentes d’ADM-Rouen.

    • Je veux bien vous rencontrer, et pour répondre aux question sur la concurrence, c’est très simple : il y a en France de nombreux artisans d’art comme moi qui n’arrivent pas à vendre à des boutiques parce que leurs marges ne sont pas intéressantes. Si je fabrique des chapeaux, des bijoux, du textile, etc… comment pourrai je donner la meme marge qu’un artisan « du monde » qui ne paie pas de charge et pour lequel on a aucune garantie sociale… Franchement si cela ce n’est pas du néocolonialisme ? Entiende ?
      En quoi la rencontre avec des retraités va t il changer quelque chose ? Ce qui changera c’est quand des organisations comme les votres auront compris qu’elles faussent le commerce en employant des bénévoles et en faisant de la marge en gardant la production délocalisée au sud… C’est plus facile de vendre Mrs les retraités que de fabriquer de ses mains !
      Cordialement,

  3. bonjour, j aimerais savoir comment pouvons nous etre sur que des immigrés mal payés ne travaillent pas chez vos producteurs? quelles différences avec max havelaar pour les controles?

    • Bonjour,
      Les coopératives de producteurs avec lesquelles nous travaillons doivent s’engager à traiter de manière digne leurs employés. Malheureusement, il est difficile de garantir une totale absence de dérives non décelées lors des contrôles, effectivement.
      Ceci dit, le réseau Artisans du Monde est une filière INTEGREE, c’est-à-dire engagée jusque dans son circuit de distribution en France. C’est dire que nous nous sentons concernés par ces points et que nous établissons le plus possible des liens concrets avec nos partenaires, et que nous sommes réactifs dans le démarrage ou l’arrêt des partenariats :
      – récemment encore, 2 coopératives ont été déréférencées par Solidar’Monde, la centrale d »achat, à cause de méthodes de travail insatisfaisantes pour l’une, et de débouchés suffisants au niveau local pour l’autre (= but atteint).
      – chaque année des producteurs sont invités à rencontrer les bénévoles des boutiques et les consommateurs notamment ici en Normandie comme cela s’est fait en 2011 avec des producteurs du Laos (jus d’ananas, pâtes de fruits….) rencontre qui s’est poursuivie par le voyage d’une artisane confiturière normande au Laos pour une mission d’appui à l’amélioration de cette production à la demande de la coopérative Lao Farmers
      (lire : http://artisansdumonderouen.org/artisans-du-monde-et-les-confitures-au-laos-un-voyage-utile/)
      – les bénévoles que vous rencontrez en boutique se déplacent régulièrement lors de leurs congés à la rencontre des coopératives et des producteurs partenaires, curieux de renforcer nos liens de confiance.

      Même si nous devons sans cesse travailler pour les garanties aux consommateurs et à la crédibilité de la filière intégrée du commerce équitable, il est évident que ces filières apportent une plus grande transparence et de plus grandes garanties sur les bienfaits de leurs impacts sociaux et environnementaux que la majorité des filières commerciales « traditionnelles » aux pratiques souvent bien plus agressives et bien moins éthiques.
      Merci de l’intérêt que vous portez à notre association et n’hésitez pas à nous faire part de vos interrogations.

      Cordialement,
      Lorraine

  4. Pingback: « Le business du commerce équitable » : réponse de la PFCE à Arte | Artisans du Monde Rouen

  5. Bonjour Lorraine
    Excusez moi, mais je ne peux croire à un commerce basé sur la crédulité… J’ai habité 5 ans en Amérique latine. Quand vous manquez de tout, ce qui compte c’est l’argent pour nourrir votre famille…
    Un petit voyage de temps en temps, c’est sympa, mais allez vivre le quotidien des pauvres quelques années. On comprend mieux pourquoi il est utopique de vouloir faire confiance à des êtres humains qui ont des besoins immédiats (éducation, santé, etc.)…

    • C’est justement parce que des êtres humains ayant des besoins immédiats essentiels qu’il faut qu’une activité leur assure l’accès à ces droits, non ? Le commerce équitable s’efforce de leur apporter ces garanties, de les vérifier, et de nombreux partenariats ont porté leurs fruits.
      Ne faire confiance à personne, cela rend difficile l’amélioration des choses ! Si vous préférez ne faire confiance qu’aux nantis disposant du confort, c’est votre choix, et c’est sans doute dommage.

      « Les défenseurs du «Made in France», privilégient ouvertement le modèle social français, ce droit du travail exigeant envers les entrepreneurs au profit des travailleurs. Ils placent au centre de leur démarche le choix responsable des consommateurs français au profit de produits fabriqués « près de chez nous ». Ils avancent aussi l’idée de limiter les intermédiaires, de privilégier une relation plus directe avec les producteurs.
      Dans le «Made in France» comme dans le «Made in Équitable», c’est une autre vision du travail et de la production qui est ainsi exigée et proposée. C’est un combat commun quand il s’agit de refuser que le travailleur, producteur, paysan, soit considéré comme une variable d’ajustement pour baisser sans limite les prix des produits. Les produits «à bas prix», qui partout foisonnent, génèrent un impact humain majeur
      invisible mais pourtant lourd à porter.
      Les délocalisations sont une souffrance pour les travailleurs d’ici, mais n’engendrent pas dans les nouveaux pays d’accueil un développement et un épanouissement pour toutes et tous. Les milliers d’ouvrières chinoises ne nous contrediront pas après ces fêtes de fin d’année pour lesquelles elles auront travaillé tant d’heures, pour un maigre salaire, afin d’assurer la livraison des milliers de jouets vendus en France et estampillés «Made in China».
      […] Ne dissocions pas les messages. Le «Made in France» comme le «Made in Équitable» ont une chance de bouger les lignes économiques et sociales par l’engagement farouche des consommateurs, mais aussi des pouvoirs publics. S’enfermer dans la concurrence « libre et non faussée » est une voie essoufflée qui ne porte pas ses fruits ; il faut au contraire promouvoir et construire une économie solidaire ici et là-bas. »

      Crédulité et utopique, ce sont vos mots, déplorables pour des initiatives qui justement viennent à contre-courant du libre échange forcené.
      Quels produits fabriquez-vous dont nous serions susceptibles de fausser la distribution localement ?

      En regrettant que vous vous trompiez d’ennemi…

      Lorraine, bénévole ADM et co-webmaster

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